Quand on va aux US, c'est pas franchement pour aller à Cincinnati. Et pourtant, c'est bien là qu'Obey a décidé de déposer ses valises...
Voltaire's Folies |
Écrit par
Alexandre
le 24-03-2008
| Mise à jour le 01-10-2008
| Lu 998 fois | ||||
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L e Théâtre de l'Oeuvre se prête bien à l'esprit de cette pièce, la salle est petite (une centaine de places), conviviale, et la proximité des acteurs facilite le contact entre leurs répliques et touche l'esprit des spectateurs.
Les quatre comparses (Charles Ardillon, Gérard Maro, Olivier Claverie & Jean-Jacques Moreau) nous présentent différentes scénettes inspirées de l'oeuvre de Voltaire, et dès la première scène l'on rentre dans l'esprit de la pièce, une satire dans un esprit cabaret, où humour côtoie sérieux et finesse. Dans le contexte actuel d'une société qui est à la fois de plus en plus religieuse dans certaines parties du monde, où l'on va jusqu'à s'entretuer pour des divergences de confession, mais aussi de plus en plus athée, notamment dans les sociétés post-libérales de nos métropoles, où la religion n'a plus autant de place pour s'exprimer, ce spectacle ne peut pas être plus d'actualité. Pendant 1h30, les textes de Voltaire, adaptés par Jean-François Prévant pour la mise en scène et dans un soucis d'actualisation, frappent par leur justesse et démontrent encore que les grandes oeuvres sont universelles et éternelles. Les deux thèmes principaux, la religion et la tolérance, que Voltaire a à maintes reprises abordé sous divers angles dans ses oeuvres, font réfléchir le spectateur. Les religions ont-elles encore leur place dans nos sociétés? Où est la rationalité, thème cher aux Lumières, dans ces institutions? La tolérance est-elle une valeur de nos sociétés, ou est-on toujours autant avancé (évolué?) qu'il y a plus de 200 ans?
Jean-François Prévand, aidé par les quatre comédiens, réussit le pari de mêler humour, parfois fin, parfois lourd, et sérieux. C'est certainement le plus grand mérite de cette pièce, qui permet d'honorer l'un des plus grands penseurs de l'Histoire (à mon humble avis), qui peut choquer par ses prises de position, surtout vis-à-vis de la religion musulmane, thème récurent (voir la pièce de théâtre Mahomet le Prophète), mais qui se veut rationnel et pragmatique, tout en étant satirique. Il ne faudrait pas oublier ceux qui font la pièce, c'est-à-dire les quatre comédiens... Chacun se distingue par son jeu particulier, l'on appréciera les mimiques de l'un, le jeu scénique d'un autre, ou encore la diction d'un troisième, mais ce qui fait leur réussite c'est leur complicité et leur symbiose. L'on peut critiquer leur jeu puisque "En tout temps, en tous lieux, le public est injuste", en faisant remarquer que l'on a l'impression qu'il néglige le sérieux du jeu, et que leur enthousiasme (contagieux et nécessaire, selon Voltaire lui-même, "Rien ne se fait sans un peu d'enthousiasme") fait que parfois l'on a du mal à saisir toutes leurs paroles (à modérer, valable pour de très rares passages), mais c'est ce qui fait aussi le charme de la pièce, et il faut admirer les variations de leur jeu. Enfin, pour résumer ces palabres, il faut répéter que cette pièce vous fera passer un très bon moment, et que, de plus, lorsque vous en ressortirez vous vous poserez de nombreuses questions. Les amateurs de l'illustre écrivain que fut Voltaire apprécieront, les personnes très pieuses pourront certainement être choquées, mais au fond, et encore une fois je m'en remets à Voltaire et à sa plume, "La discorde est le plus grand mal du genre humain, et la tolérance en est le seul remède". C'est certainement ce qu'il faut retenir de cette pièce, mis à part que "vous devez passer votre vie à aimer et à penser; c'est la véritable vie des esprits." Commenter |
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