Sveig (avec un V) est un tout jeune homme |
Écrit par
enzo
le 13-07-2009
| Mise à jour le 17-07-2009
| Lu 1609 fois | ||||
|
« Je ne sais faire que ça. Dès l’âge de 5-7 ans, je savais que j’allais devenir musicien ». Quand on y pense, il y a vraisemblablement des destins plus pré-écrits que d’autres. Faut dire que ca swingue dans la famille. Papa, pour ne parler que de lui, fut, en son temps, batteur pro. Gaucher de surcroît, les plus rares. « Un époque de dingue », les années 60. « Le soir tu dînais chez E. Barclay, le lendemain tu enregistrais un disque ». A sa décharge, le Papa en question cadençait ‘Les Chats Sauvages’, ‘Chuck Berry’ ou encore ‘Paul Anka’. Lorsque Yoann, pas encore Zveig, (pseudo choisi tant pour ses origines ashkénazes que pour son admiration du génial -et pacifiste- auteur, d’Ivresse de la métamorphose‘) naît, nous sommes assez loin des années 60. Papa a rangé ses baguettes. De cette douce-dingue période d’euphorie, reste, en 79, une impressionnant collec’ de vinyles et une passion intacte. « Le fondement de la musique, c’est une bonne section rythmique »Le rythme. Voilà le vrai déclic. Le fondement. Le moteur de tout. Authentique autodidacte, Zveig est un dingue de rythmique. Paradoxalement, c’est presque par hasard qu’il prendra la basse comme instrument scénique. Par hasard, et un peu par défaut. Cela étant, quand on y pense, le premier bassiste, « par défaut » qui vient à l’esprit, s’appelle Paul… Finalement, c’est sympa comme expression « par défaut ». Mais revenons au fil de notre histoire. Au départ était Yoann. Un gosse fou de musique. Les parents se sont séparés, pour se rapprocher du père, il décide d’aller travailler à ses cotés. Comme ingénieur du son. De cette expérience au cœur du Paris-qui-vit-la-nuit, le jeune homme en retirera quelques errances, c’est vrai, mais aussi, et surtout, une solide culture musicale, un goût sûr, l’amour vrai du public et des planches.
Zveig commence alors à vraiment jouer, composer, et, plus que tout, comprendre la saveur du travail bien fait : « Je suis hyper perfectionniste, j’exagère parfois un peu, limite psychorigide…» Appelons cela ’humilité’ ou ‘remise en cause permanente’, c’est bien plus joli. Et sans doute plus vrai. Fin des années 90, la vingtaine onirique nocturne, Sveig croise la route d’Isabelle Taïeb. Elle devient sa moitié artisti-cosmique. Ensemble, ils choisissent d’écrire pour les autres : Yoann compose, Isabelle écrit. Des textes sur mesure ; tellement achevés qu’au final on les croirait faits pour lui. Normal, ils le sont ! « Je ne voulais pas chanter au départ, j’ai pas l’égo d’un chanteur, je suis compositeur » Pourtant, il va les chanter, mieux, les porter, les habiter, les faire siennes. Les partager. Partout. Et pas qu’un peu : du Petit Journal en passant par le Gibus, La scène (qui le fera résidant) ou Le Sentier des Halles ; plus d’une centaine de dates par an… Sans tourneur. « 10 ans sur scène » Une presque-décennie, calé derrière sa basse, dont il use avec désormais en virtuose-équilibriste. Zveig a définitivement trouvé sa voie, sa voix. Chanter. Rejouer. Interpréter. Tester des morceaux, des compos et, fait suffisamment rare pour être mentionné, entendre le retour du public.Des centaines d’heures à se donner, sans fard, sous la lueur hurlante de Soleils artificiels afin de mûrir « Quelques minutes ». Paradoxal non ? « Quelques minutes », 38 au total. 10 titres pour nous convaincre. 10 chansons, tantôt matinée funk-soul-jazz, tantôt patinées pop-rock. 38 minutes faussement paresseuses, trop polies pour n’être qu’honnêtes.Goûtez, vous comprendrez. Et vous aimerez l’atmosphère chaloupée d’un « Quelques minutes » (Texte de Jean Fauque, excusez du peu !), le tango : « Mes faux amis », ou le regard lucide d’un jeune homme qu’on ne baisera plus (Avec en guest le bandonéon de Gotham Project). Vous accrocherez à la guitare folk, puis pop de « Si l’amour passe » (sous entendu, je ne le laisserai pas partir), au piano jazz de « Humeur étrange », à l’up-tempo de « Asphalte » (désolé les filles Zveig est un gars de la ville « loin de l’asphalte, je me suis perdu »), à la prod soul r&b de « Ne dis jamais » ou encore au fantasme mid-tempo (et pas vécu) sur la locataire du dessus dans « Ma voisine ».10 chansons, choisies méticuleusement parmi beaucoup plus.10 chansons patinées, polies, rodées a force d’être frottées au public. 10 envies, 10 atmosphères, 10 attaches nous scellant différemment au même bonhomme, lui. Zveig. Tenace chercheur de sons. Brillant bricoleur, portant à bout de bras, parfois seul, l’intégralité du projet. Tête d’ange aux facettes parfois si complexes qu’on pourrait, à s’y méprendre, entrevoir sur la pochette, le dangereux regard de l’Alex joué par Malcom McDowell dans ‘Orange Mécanique’. Zveig, Ange ? Démon ?Qui sait ? Musicien ? Chanteur ? Compositeur de talent ? Bête de scène ? Evidement. Commenter |
||||
Lire l'article précédent:
Mabreuch : Le beat des années Dix
|
Lire l'article suivant:
MANOS avec Pape Amath N'DIAYE
|
|---|



Écrit par











202 enregistrés

293 commentaires
547840 visites uniques










