DJ's - une autre vision |
Écrit par
gulivert
le 26-11-2008
| Mise à jour le 26-11-2008
| Lu 1267 fois | ||||
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C 'est vrai qu'il n'y a pas si longtemps, au passage de l'an 1999 à l'an 2000, on assista à une course sans précédent dans l'histoire du DJing : les clubs de toute la planète se disputèrent la venue des plus grands DJ et l'on atteignit des sommets dans la rétribution de leur art, domaine qui s'enflammai déjà depuis quelques temps.
Depuis, la donne n'a pas changé et certains cachets frôlent pour certains l'indécence. Mais qu'en est-il en réalité ? Pour reprendre l'exemple de l'article paru précédement, si Bob Sinclar impose un cachet, que le club qui l'accueille l'accepte et que le public fait la queue le soir même et paie son entrée sans rechigner, il n'y a en soit aucun problème. Et pourtant si. En effet, malgré le matraquage - auquel nous sommes maintenant habitués, êtres issus de la société de consommation que nous sommes - que les medias et les majors font sur sa musique, et c'est bien là d'ailleurs leur travail, personne ne pointe un revolver sur la trempe des petits clubbers et les obligeant à acheter le dernier single de la "Love generation" ou leur billet pour la prochaine "David Garraud Vendetta Sinclar Party". Et c'est bien là où réside le problème. Bien sûr, beaucoup de gens ont une culture musicale développée et un sens critique ; mais une grande part de nos semblables ne font preuve ni de goût, ni d'éducation en ce domaine et se ruent donc au Virgin et à la Fnac pour acheter les cds de ces artistes dont parlent Cauet et Ardisson dans leurs émissions, si branchés soient-ils.
Puisqu'en musique comme partout ailleurs les chiffres parlent et donnent raison, ces artistes revendiquent donc des cachets importants, assurés que leur nom sur le flyer rempliera le club qui les accueille pour une nuit de milliers de fans qui écoutent leurs titres en boucle sur lecteur mp3 (dire que l'on a connu le walkman). La faute en revient au public au final, et c'est lui qui paie cette erreur le prix fort. Néanmoins, ne voyez pas dans ces lignes celles d'un détracteur de stars nourri du dédain que lui procurent les masses. Les DJ's procurent quelque chose qui au final n'a pas de prix, qui ne peut même être, pour l'instant, quantifié scientifiquement : je veux bien entendu parler du plaisir, du bonheur et des décharges de dopamine que procure la musique et ce, plus particulièrement quand elle est amplifiée, nocturne et partagée. Et dans l'économie de marché dans laquelle nous vivons, celui qui distille cette euphorie communicative a un prix. Même les médecins, malgré leur serment (qui du reste devrait s'appeler celui d'hypocrite) se font rémunérer alors pourquoi pas eux ? Mais ce qu'il faut distinguer, c'est ce que l'on rémunère alors. Est-ce le nombre de disques vendus ou plutôt une expérience et un feeling unique ? Le nombre de clic sur myspace ou l'ouverture humaine et musicale d'un personnage ? L'aptitude à enchaîner les tubes "mainstream" ou le caractère curieux, surprenant et attentif d'une prestation ? Des artistes dont c'est depuis 20 ans la profession, qui ont ouvert des pans entiers de la musique contemporaine et qui ont tout simplement ajouté à notre culture et notre mémoire commune ne sauraient être comparés à d'autres, qui, au final, n'ont servi aux masses incultes que ce que les majors projetaient de bons pour elles. Et pourtant l'argent parle.
On devrait peut-être aller au prochain évènement invitant tel ou tel DJ "connu" et demander au gens dans la queue, au public dans la salle, aux toilettes : "qu'évoque Détroit pour toi ?" Quitte à me tromper, je pense que la réponse la plus attendue serait deux yeux en ronds de flan plutôt que "Détroit ? ce sont les racines de notre musique, là où tout commence et se rejoint, blablabla..." Pointant du doigt ce qui fait la plupart du temps défaut dans notre monde et ce qui, la plupart du temps encore, y provoque des problèmes, nous ferions bien de nous inquiéter de l'instruction et de la culture de nos semblables sans quoi nous risquons de nous retrouver à sortir pour écouter une musique formatée, pensée pour tous, sans originalité et sans émotion (à moins que "feeeeel the love generation !" vous tire une larme à l'oeil et mouille votre mouchoir). Il est tant de DJ's (sans parler des autres artistes) dont le talent et la culture sont plus à même de nous faire ressentir de vraies émotions, pas celles que l'on réduit à un émoticône ou que l'on filme sur MTV... qu'il suffit d'une chose pour tout faire basculer : sortir, sortir bien, écouter, s'ouvrir, aimer, ne pas aimer, danser, respirer, parler, échanger, vivre... et le faire savoir. Commenter |
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