Lolita, Vladimir Nabokov |
Écrit par
eKult
le 21-01-2008
| Mise à jour le 12-10-2008
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L olita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme ». Lo-li-ta: le bout de la langue fait trois petits bonds le long du palais pour revenir, à trois, cogner contre les dents. LO. LI. TA. "Elle était Lo le matin, Lo tout court, un mètre quarante-huit en chaussettes, debout sur un seul pied. Elle était Lola en pantalon. Elle était Dolly à l'école. Elle était Dolorès sur le pointillé des formulaires. Mais dans mes bras, c'était toujours Lolita." Ainsi commence le roman de Vladimir Nabokov, Lolita, histoire très controversée de tout temps et qui reste, à ce jour encore, bien contemporaine. 'Humbert, quadragénaire hanté par le souvenir d’un amour d’enfance, tombe amoureux de Dolorès Haze, la fille de sa logeuse. Pour rester près d’elle, il épouse sa mère, qui “par chance” décède accidentellement. Humbert devient alors le tuteur de la jeune orpheline. Provocante et diabolique, Lolita devient sa maîtresse. Dans un paysage de drugstores, d’autoroutes et de motels, cet homme sportif et cultivé tente alors de faire durer son étrange couple en jouant à la fois le rôle du protecteur sévère et paternel et celui de l’amoureux docile. Mais c’est la nymphette qui aura le dernier mot. Le narrateur, nous relate ici son aventure passionnelle avec la petite « nymphette »; Dolorès Haze, aventure dangereuse qui le mena en prison où il mourut d'un infarctus à quelques jours de l'ouverture de son procès. Ce roman serait une oeuvre publiée de manière posthume, écrivant dans sa cellule de prison, Humbert, nous livre toutes ses raisons, ses émotions, et ses souvenirs, de l'époque et des faits reprochés. Cette histoire est bouleversante car nous, lecteurs, ne savons, au sortir de ce roman, lequel des deux protagonistes traiter en victime et ériger au rang de martyre: suivre la morale et avoir pitié de Dolorès, ou s'apitoyer sur le sort d'Humbert, bien que l'éthique le réprouve? Comme il arrive souvent, on est obnubilé par le scandale - le roman fut longtemps sous la censure - qu'il provoqua à sa parution: en donnant ses lettres de noblesse à une perversion - la pédophilie - Nabokov nargue, l'Amérique bien-pensante et puritaine des années 50. Cela dit, une fois passée la provocation, que reste t-il aujourd'hui d'un tel livre ? On pourrait répondre, qu'il paraît aussi fade que l'adaptation hollywoodienne (par le jeune Stanley Kubrick en 1962) à laquelle il donna lieu. Mais réduire « Lolita » à la chronique d'une perversion, c'est voir dans les quelques 468 pages (dans la traduction française) qui constituent le roman, une assez piètre et inintéressante figure de style : celle de l’amplification. Lolita n'est pas seulement le corps interdit que le narrateur consomme, c'est aussi la muse dont l'écrivain rêve. Baudelaire l'avait imaginée malade, vénale Nabokov la réincarne en une fillette de douze ans. La grandeur du narrateur est d'avoir su voir Lolita, tel Monsieur Bovary son Emma. Son drame, qui donne naissance au livre, est de n'avoir pas su la respecter. On insiste sur la charge érotique, et on oublie que le roman prend aussi des allures d'un improbable road movie, flirtant avec les limites du polar, et chronique de la défaite annoncée d'Humbert Humbert. On retient le portrait du narrateur en quadragénaire libidineux - ce qu'Humbert HUMBERT est aussi, bien sûr - mais on passe sous silence cependant les éclairs de poésie dont le livre est traversé, dont il est fait.Un chercheur allemand, Michael Maar, a découvert que l’écrivain avait lu à Berlin, bien avant la guerre, une nouvelle d’une vingtaine de pages de Heinz von Lichberg. Ce récit, intitulé «Lolita», publié en 1916, raconte l’histoire d’un touriste qui loue une chambre en Espagne et tombe amoureux de la très jeune fille de son propriétaire. On sait aussi que Nabokov regrettait de devoir sa renommée à ce roman, qu'on dit avoir été écrit, en réalité, par sa femme.
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