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Les Chants de Maldoror de Lautréamont

  Écrit par Cée le 31-01-2008 | Mise à jour le 05-12-2008 | Lu 3980 fois

L
es Chants de Maldoror de Lautréamont ne se résument pas. Cette œuvre de 6 chants présente les divagations de son auteur qui parait sombrer dans la folie. Une œuvre anticonformiste, viscérale, violente mais emprunte d’un grand romantisme et de poésie. Isidore Ducasse est né en Uruguay en 1846, d’un père chancelier à l’ambassade. Il s’installe à Paris et publie par ses propres moyens le premier Chant en 1868, puis l’intégralité de son roman chez une maison d’édition en Belgique. Son œuvre passe quasiment inaperçue et Ducasse meurt mystérieusement dans sa chambre à Paris en 1870, à l’age de 24 ans. Il faudra attendre plusieurs années avant que son œuvre ne soit reconnue par les surréalistes, sans qui elle serait certainement restée dans l’oubli. Les Champs de Maldoror est une œuvre basée sur la transgression. Une ode aux ténèbres et au mal, dont l’écriture crue et originale dépasse les frontières de l’horreur instaurée à l’époque.


Le Comte de Lautréamont, c’est le pseudonyme qu’il se donne, se montre tel un esprit malade, dont les mots et phrases sortent de son esprit chaotique pour se sceller directement sur le papier. La lecture du roman ne suit aucune linéarité. Lautréamont se laisse bercer et divague d’idée en idée, critiquant acerbement la religion et tout ce qui peut toucher à la société de son temps, dans une optique de pure provocation. Il tente de magnifier les visions d’horreurs qu’il décrit dans son essai, donnant un aspect poétique particulier à l’ensemble. Il use aussi de métaphores subversives dont l’étrangeté fascine et décrit des situations extrêmes dont la violence rebuterait les âmes sensibles, en particulier à l’époque de la publication. L’antihéros de son roman, Maldoror, est un démon surhumain dont les actes révèlent son homosexualité et ses désirs meurtriers, en opposition perpétuelle et explicite avec la religion. Cependant, l’auteur avertit constamment le lecteur par des prises de paroles directes mêlées au récit et une ironie omniprésente, l’invitant à prendre du recul sur ses écrits souvent ignominieux, et à considérer l’œuvre en elle-même et non la violence qu’elle contient. Un roman original et avant-gardiste, en opposition totale avec les courants littéraires de l’époque, mais dont l’écriture souvent obscène est sublimée par une poésie romantique dont le mélange peut mettre mal à l’aise.

Site Web: http://rocbo.chez-alice.fr/litter/ducasse/





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