Amélie Nothomb |
Écrit par
eKult
le 23-01-2008
| Mise à jour le 26-09-2008
| Lu 1669 fois | ||||
|
O u l’histoire d’une femme étrange et secrète …C’est dans la ville de Kobé au Japon, en 1967, qu’Amélie Nothomb voit le jour. Elle est en effet la fille d’un ambassadeur et écrivain belge, Patrick Nothomb, qu’elle suivra dans tous ses voyages. Seulement, comme tout histoire, commençons par le commencement. « Au commencement il n'y avait rien. Et ce rien n'était ni vide ni vague : il n'appelait rien d'autre que lui-même. Et Dieu vit que cela était bon. Pour rien au monde il n'eût créé quoi que ce fût. Le rien faisait mieux que lui convenir : il le comblait. » (Métaphysique des tubes) Amelie Nothomb, dès sa plus jeune enfance, évolue dans la culture nippone, elle devient dès l’âge de 5 ans parfaitement bilingue et y est complètement intégrée. Bien que de courte durée, sa vie au Japon la marquera à jamais ; elle en écrira d’ailleurs un livre, une certaine autobiographie de sa petite enfance de 0 à 3 ans, « Métaphysique des Tubes ». Seulement, sans attaches et sans racines, elle sombre peu à peu dans une solitude qui la contraint inévitablement à se replier sur elle-même. C’est à l’âge de 17ans, et après une adolescence probablement éprouvante, qu’Amélie Nothomb rejoint la Belgique. Ce retour ne fait qu’accentuer le mal être qui s’installait peu à peu en elle. Cette découverte brutale de la culture et du mode de vie occidental la plonge peu à peu dans l’écriture, milieu qui tout comme elle, est retiré du monde extérieur. Cependant, ne pouvant pas encore vivre de sa plume, Amelie Nothomb recherche encore sa voie professionnelle, ce qui l’amène à effectuer des aller retours entre la Belgique et le Japon.
C’est à 25 ans, après avoir rédigé plus d’une vingtaine de manuscrits, qu’elle publie Hygiène de l'assassin (1992) qui marque son premier succès. C’est alors que débute une fulgurante carrière littéraire, Amélie Nothomb enchaîne les publications, environ un livre par an. Son style, tranchant, transgresse, percute les règles, et c’est avec un certain humour noir qu’elle jongle avec les mots, joignant à son style romanesque une particularité subtile, le lecteur se trouve confronté à ses pulsions les plus intimes, les plus intérieures : « Libre ? Libre, toi ? Tu te trouves libre ? Ta vie brisée, ton travail, c'est ce que tu appelles être libre ? Et tu n'as encore rien vu : tu crois que tu seras libre quand tu passeras des nuits entières à débusquer le criminel en toi ? De quoi seras-tu libre, alors ? » (Textor Texel, p. 136 Cosmétique de l’ennemi) Ou encore : « Cette fille, je la connaissais mieux que personne. Je l'avais violée, ce qui n'est déjà pas mal ; je l'avais assassinée, ce qui reste la meilleure méthode pour découvrir intimement quelqu'un. Mais il me manquait une pièce maîtresse du puzzle : son prénom. Cette lacune m'avait été insupportable. J'avais été, pendant dix années, dans la situation d'un lecteur obsédé par un chef-d'œuvre, par un livre clé qui aurait donné un sens à sa vie mais dont il aurait ignoré le titre. » (Textor Texel, p. 81-82 Cosmétique de l’ennemi) Outre ce talent de la plume, cette noirceur et cette transgression que nous peint Amelie Nothomb à travers ses mots, elle fait preuve aussi d’une personnalité excentrique qui la rend appréciée des médias. Ayant aussi pour habitude d’accompagner ses apparitions médiatiques de phrases troublantes, parfois choquante, ce personnage trouble attire, intrigue… C’est en 1999 qu’elle connaît un tournant dans sa carrière avec « stupeurs et tremblements », avec plus de 500 000 exemplaires vendus, mais aussi grâce au Grand prix de l’académie française. Elle s’impose alors comme un écrivain à part entière, et se défend dès lors de son extravagance passée et se fait de plus en plus discrète dans les médias. Amélie Nothomb nous transporte dans les replis et recoins de notre intérieur, aussi répugnant soit-il, car ici pas de règles, pas de pudeur. Tout est transgression.
Commenter |
||||
Lire l'article précédent:
Justine Lévy « Pauvre petite fille riche... »
|
Lire l'article suivant:
Pamphlet sur « Une île » et son créateur
|
|---|



Écrit par




202 enregistrés

293 commentaires
549519 visites uniques










