Mise au pas de la toile |
Écrit par
Véronique Blamont
le 16-03-2008
| Mise à jour le 16-03-2008
| Lu 686 fois | ||||
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L ecture instructive du JDD. On apprend sous la plume de Florence Muracciole, qu’ « un jeune normalien-HEC de 24 ans, Nicolas Pricen, viendra renforcer ce pôle ( NDLR : Internet) avec la charge de surveiller tout ce qui se dit sur la Toile, de traquer les fausses rumeurs et de déjouer toute désinformation à l’encontre du président ». Jusqu’ alors, les présidents de la République, même étrillés rudement par la presse, n’ont quasiment jamais attaqué en justice aucun éditeur. Tout au plus le président Georges Pompidou, a contrait Françoise Giroud responsable, à l’époque, de L’Express de faire déchirer une publicité sur les hors-bord, le mettant en scène, des pages de son journal. Après la tentative de mise au pas de la presse, avec l’assignation du Nouvel Observateur, voilà maintenant, que Nicolas Sarkozy entend visiblement placer en coupe réglée la Toile. On vient de fermer le site où l’on pouvait noter les professeurs. Mais un site permettant de noter les médecins vient d’éclore. Et le président de la République qui se croit encore au ministère de l’Intérieur s’attaque maintenant à la liberté de penser du citoyen blogueur. Entend-t-il mettre un flic derrière chacun d’entre eux ? Voilà qui promet de faire un carton dans les jours qui viennent : polémique assurée. Ça nous manquait. On avait besoin à l’heure de la mondialisation, dont on nous parle tant quand il s’agit, à juste titre, de réformer notre vieux pays, qu’en France, on adresse des assignations à des espaces de liberté sur la Toile. Ultime considération : pourquoi tant d’agressivité et de flicage ? Quand on humilie la presse, elle se venge. La photo des journalistes entassés dans une bétaillère, avec Nicolas Sarkozy, à côté, montant à cheval fut le premier acte. Le second acte se joua à la fameuse conférence de presse où il renvoya, Laurent Joffrin, journaliste chevronné, directeur de la rédaction de Libération, dans les cordes sans que ce dernier eût la faculté de lui répondre, alors qu’il lui posait une question standard. Si le président de la République entend « j’ordonner » la Toile, effet bing, bang assuré. Et bonjour, les sondages à la baisse, le concernant. Avec un buzz mitraillette garanti. Véronique Blamont
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