D'OZ à THE WIRE, le décalage des séries HBO |
Écrit par
Dimitri
le 05-07-2010
| Mise à jour le 15-07-2010
| Lu 2964 fois | ||||
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O swald State Penitentiary, Emerald City (Em City), ses couloirs sales, ses prisonniers violents, ses histoires complexes, ce climat étouffant. Quand on connaît "OZ", il est inconcevable d'imaginer que d'autres peuvent encore ignorer les qualités de cette série. Il en va de même pour "The Wire", qui dépeint le tumultueux quotidien des quartiers Est et Ouest de Baltimore. Ces deux séries portent le sceau de la firme qui les produit, HBO. Sans concession, violente, ultra-réaliste, Oz méduse les premiers spectateurs. Les séries ne sont plus seulement le miroir fantasmé des américains. Les barreaux ont remplacé les piscines de Beverly Hills et les chevelures blondes et gominées façon Upper East Side se sont effacées pour laisser la place à ce que l'humain peut produire de pire. Chaque épisode d'Oz dure 45 Minutes. 45 minutes d'une plongée en apnée au sein d'un centre pénitentiaire de sécurité maximale. Seul spécificité, les détenus circulent librement au sein d'une entité isolée au sein du pénitencier, la ville d'Emeraude. Cette liberté en prison devrait être un souffle d'air frais pour les prisonniers. Cela devrait catalyser leurs pulsions. Mais non. L'air qui y circule est vicié, irrespirable. Toutes les limites sont dépassées, toute humanité est oubliée et les seules émotions que véhicule la caméra sont la peur, la solitude, la haine. Il n'y a pas de héros à proprement parler, car s'ils le sont à un moment, ce n'est que pour devenir les bourreaux plus tard. Personne n'est innocent. Personne n'est bon. Seuls certains sont moins mauvais que les autres. Cette plongée en enfer est devenue une série culte pourtant trop rare sur les écrans. Trop sulfureuse, elle a cependant été encensée par les critiques et mérite bien plus qu'un simple coup d'oeil. ![]() La fin d'Oz a permis l'émergence d'une autre série passionante bien que moins perturbante que le premier bébé d'HBO. "The Wire" est une ethnographie télévisuelle des quartiers de Baltimore. Baltimore, c'est une population noire à 60%, un chomâge chez les jeunes qui frôle les 35% dans les quartiers défavorisés et un vivier pour les commerces para-légaux. Trafic de drogue, meurtre, corruption. Rien de très original cependant pour une série américaine. De là à y voir un remake des experts où le mauvais noir se fait découvrir par une équipe de Blancs grâce à des moyens technologiques toujours plus abouties, il y a un pas. Et un pas de géant. Car de méchant ou de gentils, il n'y en a pas.
Le non-manichéisme de ce bijou télévisuel est jouissif. Filmé comme un reportage, il est troublant de réalisme. Le téléspectateur se prend à regretter l'arrestation des malfrats et à souhaiter la mort des flics corrompus ou violents qui profitent de leurs positions. Les décors les plus sombres de l'Amérique, les pans les plus inavoués de cette Terre Promise sont filmés crûment, sans optimisme rassurant, sans pessimisme morfondant.
Juste la réalité dans ce qu'elle a de plus terrifiant.Tout comme OZ, cette série n'a pas une once d'optimisme dans son déroulement. Les personnages ne changeront pas, et s'ils changent, ce n'est jamais en bien. Comme si les hommes étaient finalement destinés à subir toute leur vie, ou à faire subir pour espérer un avenir meilleur. Une métaphore de la vie animale que ces deux séries ont le talent de définir, de préciser et de documenter comme aucune autre ne l'a fait avant. Difficile pour la majorité des Bien-pensants de voir dans ces séries un visage de l'Amérique. A méditer en les regardant, en y réfléchissant et surtout en se les appropriant.
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Scène d'ouverture Saison 4
D.
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