Chronique d'une famille ordinaire |
Écrit par
Gabriel
le 02-03-2009
| Mise à jour le 02-03-2009
| Lu 1177 fois | ||||
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J 'avoue faire partie des
gens que les 9 nominations aux Cesar (dont meilleur film et meilleur
réalisateur) du Premier jour du reste de ta vie
ont poussé à voir le film. A sa sortie, il était passé
complètement inaperçu et, pour tout dire, je m'étais fait une
fierté de ne pas aller voir ce que plus d'un millions de personnes
avaient vu avant moi.
Maintenant que Marc-André Grondin et Déborah François ont reçu le césar du meilleur espoir, quel résultats ? L'un des mérites du film est de faire énormément réfléchir sur soi-même. J'en suis encore à m'interroger quant à savoir si il faut trouver cela ou 1) complètement ridicule ou 2) pathétique et pitoyable. La vérité n'est sans doute ni dans l'un ni dans l'autre - plutôt et dans l'un et dans l'autre - tant le film s'enfonce dès son générique dans un pot-pourri affligeant de platitude, de bêtise et de banalité. Bienvenue dans un monde où des ados aux cheveux gras règnent en maître, claquent leur porte taguée « la mort est la seule démocratie » sur la gueule de leurs parents, dépriment à la mort de Kurt Cobain devant des posters de Coluche et Gainsbourg. Un monde où, comme partout, la plus belle fille de la classe s'appelle Sarah Chevalier, où « maman me fait de plus en plus chier, elle m'étouffe » et où, pour finir, tout le monde se réconcilie dans un grand tour de table copain copain peace and love. Un monde où les jeunes veulent être vieux, où les vieux dépriment parce qu'ils le sont. Un monde où les seuls liens père/fils sont ceux d'une conversation sur les meilleurs solos de guitare. Un monde de sex, drug and rock'n roll aux airs de vu et revu. Terriblement prétentieux et donneur de leçon, le film entend s'ériger en réflexion profonde sur le temps qui passe et le poids des âges, sur l'homme qui, comme un chien ou une fleur, n'a qu'une vie ma bonne dame- sans pourtant jamais s'élever au dessus d'une pathétique chronique d'une famille plus qu'ordinaire, banale. Tout ca serait, après tout, secondaire, si le film n'avait pas reçu son millions de spectateurs, ses 9 nominations et ses 3 récompenses. Déborah François-égérie des Frères Dardennes !-, trouve là un de ses rôles des plus pitoyables, puant de vulgarité et de caricature- et à qui l'ensemble de la profession a pourtant cru bon de décerner le César. Grondin se complaît, depuis Crazy, dans des rôles d'adolescents attardés, que la fac emmerde et qui joue à Lara Croft. Mention spéciale à Gilles Lelouche, qui trouve dans un rôle de rasta attardé une formidable composition. A la rigueur, la Bande Originale signée Sinclair aurait pu légitimement remporter le César. Pour le reste, heureusement que Séraphine et Mesrine étaient là.
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